Thérapie individuelle

parler à un psy...


PARLER A UN PSY

-« Bonjour.Je vous appelle parce que je ne vais pas très bien, je voudrai prendre rendez-vous… »

Ce sont là, souvent les premiers mots qui vont être suivis de longs échanges, échanges avec quelqu’un d’étranger à soi, un « autre », qui écoute souvent sans parler lui même, mais qui quand même, parfois dit quelque chose, quelques mots, qui vont donner un sens à votre parole.

Qu’est ce que parler à un Psy ?

D abord un Psy. Quoi ?. Psychiatre, psychologue, psychanalyste ??

Quelle différence entre eux ?

Le Psychiatre est un médecin. Il écoute mais aussi rédige des ordonnances de médicaments - anti dépresseurs, Anxiolytiques. Autres stabilisateurs de l humeur.Il est remboursé.

Le Psychologue est titulaire d’un diplôme universitaire. Minimum 5 ans d études, souvent bien plus ;

Et peut être une orientation : psychanalyste, comportementalisme, humanisme. . Autre …

À ce jour les consultations en libéral ne sont pas remboursées.

Le Psychanalyste est psychologue, ou bien psychiatre, ou encore thérapeute, et se réfère à la théorie analytique développée par S Freud et ses successeurs, théorie qui prend en compte l hypothèse que tout être humain est doté d une part inconsciente de son fonctionnement psychique, part inconsciente dans laquelle sont placés des souvenirs oubliés parce que insupportables ou douloureux …

Ce sont ce que l on appelle les souvenirs refoulés, voir clivés

Il n'est pas non plus remboursé.

Mais pourquoi payer sans être remboursé ??

Cette question peut être aussi posée sous une autre forme : Qu’est ce qui a de la valeur?

Quelle est la valeur réelle de quelque chose qui n a rien coûté ??

Que vaut votre parole, alors, si elle ne coute rien ?

Et surtout, si elle ne coute rien, que vaut l’écoute, le travail que vous faites avec le psy ?

L important n est pas forcément le montant même du prix de la séance, mais de ce que ça coûte réellement à soi même et qui vient montrer quelle valeur on attache à soi ?

La question à ce sujet est : quel est le prix de ma liberté psychique ?

Quelle valeur je donne pour ne plus souffrir ?

Mon propos n est pas de développer l ensemble de la théorie de l inconscient mais de montrer en quelques lignes comment parler à un psychanalyste - ou un psychologue d orientation analytique permets de se reconnecter avec des parts oubliées de soi même, lesquelles continuent de manière spécieuse à « pourrir la vie «

Parler à un Psy - c est d abord de parler à soi même au delà des mots adressés au thérapeute.

Dans ce qu’on va lui dire , lui va entendre ce que surtout on désire éviter de dire et qui parfois échappe - lapsus- acte manqué - silence….

Et en faire retour parce que, de par la règle de l’analyse de l’association libre des idées qui s’enchainent les unes aux autres, sans censure (la règle absolue est de dire à voix haute tout ce qui vient à l’esprit) parler à un autre est d’une certaine manière, se parler à soi même.

Par exemple ce que me disait cet homme en parlant de sa relation à sa mère :

-« quand j étais avec elle, j ai tout fait pour elle, j ai tout fait, j ai tout fait pour qu’elle soit bien… ! »

N est il pas, dans ces mots autre chose?? Autre chose qui insiste dans sa manière de répéter « j’ai tout fait » ?

Que dit il?? Reprenant exactement ses mots - ses signifiants - il dit

-« j ai tout fait… » mais il dit aussi dans s’en rendre compte

« j étouffais.. ».Répété 3 fois pour bien donner du sens.

Quand je lui soulignais simplement « é-tou-ffé… » sans autre commentaire il a compris

Il a simplement dit -« Ah ! Oui. Bien sûr ! Je n’avais jamais vu ça comme ça

Mais c est tout à fait ça. J’étouffais ! Elle m étouffait ! »

Il était dans une relation très compliquée avec une mère fragile et anxieuse donc exigeante et possessive.Il a pu dès lors régulariser sa relation et la pacifier.

En parlant au psy, il a parlé de lui, de sa mère, de la douleur de l’absence de son père, de leur mode de lien et de leur mode d expression des angoisses. Et comment il épongeait - s imprégnait comme une éponge - des angoisses maternelles qui ainsi l « étouffaient « et en même temps, ces angoisses le chargeaient d’une responsabilité écrasante de « guérir » sa mère de sa souffrance !

Ce qui lui était proprement impossible.

De le dire, d en prendre réellement conscience en parlant, à fait qu’en arrière plan quelque chose en lui s’est ordonné et l’a libéré du poids des angoisses maternelles et de la culpabilité de ne pas pouvoir y répondre.

Se raconter, parler de tout ce qui passe par la tête en séance, surtout, ne rien préparer à l avance - préparer sa séance, c est apprendre son texte à réciter. C’est aussi s’empêcher de parler de ce qui pourrait surgir du fond de l’inconscient et troubler…!

Or c est l’Inverse de l exercice du travail d associations libres. En réalité préparer ce que l’on veut dire, c est s’empêche de dire ce qu’il faudrait dire.

Et donc d une certaine manière c est passer à côté de ce qui est réellement important.